Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem

Quels sont les grands défis que doivent relever les pays d’Afrique dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la formation ?

"Soulignons d’abord que le premier défi auquel est confrontée l’Afrique est celui de la croissance démographique la plus élevée du monde. C’est dans ce contexte que se présentent à elle les enjeux du développement. Celui-ci ne pourra réussir que grâce à des investissements importants en faveur de l’éducation de base mais aussi et surtout dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les pays africains doivent faciliter l’accès de leur jeunesse à l’enseignement supérieur et pour cela ils doivent considérablement augmenter leurs capacités d’accueil, étendre et diversifier leurs filières de formation. Dessiner une vision à long terme qui prenne en compte les enjeux de l’employabilité, les potentialités offertes par le numérique, le rôle de l’innovation mais aussi la question de l’égalité, dans l’accès à l’enseignement supérieur. Un chiffre donne la mesure de cet enjeu : le nombre d’étudiants en Afrique, estimé à 5 millions en 2014, devrait doubler d’ici 2020."

Comment notre coopération prend-elle en compte ces grands défis ?

"Depuis longtemps, la France s’est engagée auprès des pays africains, dans le cadre de partenariats, pour contribuer à renforcer leurs systèmes éducatifs mais aussi leur enseignement supérieur et leur recherche. Le gouvernement a d’ailleurs souhaité renforcer son implication dans ce domaine. L’Agence française de développement va pouvoir dorénavant consacrer davantage de moyens aux secteurs de l’éducation mais aussi de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est l’une des décisions de la dernière réunion du Comité interministériel pour la coopération et le développement (CICID) de novembre dernier où la priorité donnée à l’Afrique a été confirmée. Les échanges universitaires, qui doivent davantage associer le secteur privé et les collectivités territoriales, ont un rôle important à jouer. Rappelons que les étudiants africains représentent 43 % des étudiants internationaux accueillis en France en 2015-2016 et qu’en 2015, près d’un quart des 12 000 boursiers du gouvernement français provenait d’Afrique subsaharienne. Nous travaillons, selon une logique de coopération, à soutenir la structuration des filières et des établissements d’enseignement supérieur africains. Il s’agit de permettre la constitution de pôles d’excellence sur le continent pour répondre aux défis du développement social et économique et éviter la fuite des cerveaux. Parmi nos priorités, nous mettons notamment l’accent sur la formation professionnelle où les besoins sont énormes : c’est par exemple le cas au Sénégal, où nous contribuons à la construction et à l’équipement d’Instituts supérieurs d’enseignement professionnel dédiés aux métiers agricoles et agro-industriels. Le développement de partenariats dans le domaine du numérique constitue une autre de nos priorités : il s’agit de répondre au défi de la massification, de favoriser l’acquisition de nouvelles compétences et de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur. C’est par exemple le cas avec la Côte d’Ivoire, avec laquelle nous travaillons actuellement à la mise en place d’un véritable écosystème national du numérique universitaire."

Facebook
Twitter
Visit Us
LinkedIn
YouTube